René Lalique (1860-1945)
Boite Muguets
Verre moulé-pressé
Circa 1920
Signée R.LALIQUE (difficile à voir)
Hors Catalogue Félix Marcilhac, René Lalique – Catalogue Raisonné de l’Œuvre de Verre, Les Éditions de l’Amateur, Paris, 2011
Figurera dans la prochaine édition
Les premières expérimentations de René Lalique dans le domaine du verre remontent aux années 1890. Les procédés de fabrication des bijoux le familiarisent avec les matières
vitrifiables, et c’est sans doute grâce à l’émail qu’il découvre le verre. Le gravant et le
sertissant, il l’utilise progressivement pour remplacer les gemmes. Translucide et transparent comme elles, il a l’avantage de pouvoir être conçu et fabriqué en fonction du projet final.
René Lalique crée également de petits objets, vases et sculptures, selon la technique de la cire perdue.
Un peu plus tard, il expérimente la technique du soufflage dans un moule, mais un moule précieux, en argent ciselé, restant solidaire du verre qu’il enserre pour devenir monture.
Sa rencontre avec François Coty, l’amenant non seulement à créer mais aussi à produire des flacons de parfum, lui ouvre de nouveaux horizons.
Une véritable révolution technologique et commerciale s’opère, qui n’aurait pu aboutir sans l’habileté et l’inspiration de l’artiste.
Bien que fabriquées en série, ses créations sont incontestablement des œuvres d’art.
Une manière de perpétuer la philosophie de l’Art nouveau qui voulait réconcilier Art et
Industrie.
Peu à peu, René Lalique diversifie ses productions. En 1912, maîtrisant parfaitement les techniques, il décide de se consacrer de façon exclusive au verre. Il organise alors sa dernière exposition de bijoux et le grand public le découvre maître-verrier.
Bijoutier d’avant-garde, René Lalique, en devenant verrier, se démarque également de ses prédécesseurs. Il délaisse le verre multicouche aux couleurs variées au profit de la limpidité et de la transparence, qualités naturelles du verre.
Au niveau des formes aussi, il affirme sa différence.
Léon Rosenthal la résume ainsi : simplicité, pondération, symétrie.
Il en use avec une parfaite liberté, selon ses tendances qui sont d’élégance plus que de force, avec un besoin perpétuel d’invention. Il ne recule ni devant l’audace, ni devant la fantaisie, mais ses écarts sont toujours mesurés.
Créateur éclectique, René Lalique ne s’intéresse pas uniquement aux arts de la table, aux vases et aux statuettes. Il signe également des bouchons de radiateur pour les luxueuses automobiles des Années folles, la décoration de trains, tel le Côte d’Azur Pullman Express, de paquebots, parmi lesquels le Normandie, imagine des fontaines exceptionnelles, s’intéresse à l’architecture religieuse…
Observateur attentif des Êtres et des Choses, René Lalique a trouvé dans la nature une
inspiratrice féconde. Il l’a disséquée et examinée, épiant ses lignes, ses formes et ses structures particulières, y cherchant et y trouvant l’étincelle de la vie. Il a scruté les plantes et les fleurs, étudié la vie aquatique, observé les reptiles et les oiseaux et a été fasciné par les in-sectes. Mais il n’a pas seulement interrogé le sol et le ciel, les plantes et les arbres, la créa-ture humaine, le visage et le corps féminin ont également instillé en lui un souffle créateur. Son génie provient de sa capacité à adapter et à composer.
Il ne copie pas la nature, il ne stylise pas les différents éléments, il crée en transformant.
Des créations que font vivre la magie de la matière.
Si René Lalique met toute sa sensibilité dans son interprétation, celle-ci se nourrit égale-ment des grands mouvements artistiques. En 1900, l’écrivain Pol Neveux soulignait en effet que les chefs d’œuvres des Égyptiens, des Italo-Grecs n’ont jamais été considérés d’un œil plus pénétrant que le sien et l’art des Byzantins, des Florentins et des Japonais ne fut plus jalousement étudié que par lui.
Lorsqu’il s’oriente vers le verre, il dessine des lignes épurées et l’ornement, souvent géométrisé, se décline dans des rythmes nouveaux, à des cadences syncopées, associées à ces années folles lancées dans la vitesse.
Mais il sait aussi, au besoin, les adoucir de sculptures de végétaux, d’animaux ou de femmes de conception très naturaliste. Ainsi, au fil du temps, René Lalique a-t-il non seulement eu le courage, mais aussi le talent, d’adapter son inspiration aux nouvelles tendances sans pour autant se départir de sa personnalité.
| Siècle | 20ème Siècle |
|---|---|
| Style | Art Déco |
| Type d'Objet | Arts Décoratifs du XXe |















