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Portrait de la vierge à l'enfant, vers 1675

Proposé par

Huile sur toile , Vierge à l’enfant, Vers 1675

Dimensions avec cadre : Longueur: 123cm Largeur : 156cm
Dimensions sans cadre : Longueur : 129cm Largeur : 96cm
Sur sa toile d’origine et cadre d’origine.

Provenance :
- Marie de Rohan de Montbazon duchesse de luynes et de Chevreuse, (1600-1679)
- Louis Albert de Luynes, Duc de Luynes, Duc de Chevreuse (1620-1690)
- Collection familiale des ducs et duchesses de Luynes et de Chevreuse par transmission familiale conservé au château de Dampierre propriété familiale depuis le XVIIe siècle

Inscriptions : porte au dos, en haut au centre, une inscription en lettres capitales « DANIEL » et un signe indéterminé.

La toile se révèle lumineuse. La blancheur du linge qui seing sa poitrine souligne la carnation légèrement rosée de sa peau. La finesse des traits du visage de Marie et l’éclat de son teint sont exaltés par une touche assurée. La grande précision du travail de pinceau se révèle dans la ligne des sourcils, le profil des fines narines, la bouche quelque peu rebondie. Sa robe arbore les couleurs traditionnelles : Un rouge légèrement framboisé et un bleu profond révélé pleinement par une récente restauration. Ses épaules sont couvertes d’un magnifique manteau violet sur lequel on admire les passages de la lumière qui s’accroche sur l’arête des plis. Le port altier de Marie est accentué par l’ombre du cou gracile et quelques mèches rebelles retombant du chignon. A la chevelure disciplinée de la Vierge réponds celle blonde et ondulée de l’enfant Jésus. Le Christ au visage plus commun et au corps ramassé tourne presque le dos au spectateur. Son agitation et l’accentuation de ses traits sont les preuves irréfutables de son incarnation. Dieu s’est ainsi fait homme à travers son fils. L’exubérance de l’enfant s’oppose à l’immobilité de la Vierge au beau visage. De cette composition maîtrisée ressort la sagesse de Marie.

Le physique du Christ correspond à un type morphologique, développé par Pierre Paul Rubens, d’enfant robuste aux cheveux bouclés, aux yeux noisette, aux nez ronds, aux mentons gras et aux joues rebondies. La représentation de l’enfant que pierre Mignard nous offre est un trait de caractère personnel à l’artiste que l’on retrouve dans les dessins conservés au musée du Louvre (inv 31071 et 31083) de pierre Mignard, dessins saisis par le roi Louis XIV après la mort du peintre.

La culture visuelle de notre peintre est vaste puisque la formule retenue pour la Madone fait également référence aux tendres Vierges allaitant peint par les artistes italiens Carrache et Guido Reni (1575-1642) au tournant du XVIIe siècle à Bologne ou de ses contemporains, Sassoferrato dit Salvi. Si les premières représentations remontent au IIe siècle - la lactation virginale est attestée par les Evangiles et la liturgie (Luc 2, 27) - les attitudes de la Vierge nourrice se différencient au fil du temps par sa façon plus ou moins généreuse à dévoiler son sein. Dans ce tableau une grande affection se dégage, un amour bienveillant émane du gestuel de marie, tout l’esprit du génie de Raphaël, des Carraches apparait dans ce tableau, durant son long séjour en Italie ( 24 ans ), in n’eut de cesse que d’égaler les grands maîtres italiens, ainsi en janvier 1644, Nicolas Poussin au sommet de sa gloire envoya en France une copie d’après Raphaël faite par pierre Mignard , la jugeant digne d’être vue comme un original ( page 162 la vie de pierre Mignard par l’abbé de Monville 1730), dans la chapelle du château de Dampierre une très belle et grande toile de Nicolas Poussin, fait face dans le coin gauche à une toile de pierre Rubens.

L’inflexion italienne ne doit pas faire perdre de vue la facture plus classique des personnages, époque où se mêlent styles et influences dans la peinture française. La multiplicité de références stylistiques de notre Vierge au beau visage rappelle celles de la série de Vierges à l’Enfant de Pierre Mignard, connues sous le nom de Mignardes. L’attribution à pierre mignard est d’ailleurs sous-jacente à travers le coloris vif et l’amabilité de notre composition.

La réputation du peintre est importante, son statut de peintre du Roy , les commandes des grandes cours d’Europe (pape Innocent X, le Roi d’Espagne, Monsieur le frère du roi pour son château de St Cloud attirent les jeunes talents dans son atelier.

Les dessins d’enfant jésus les cheveux bouclés dessin ( inv 31083, dessin préparatoire du tableau « le temps brisant les ailes de l’amour » musée d’art de Denver) et (inv 31071) ont une grande similitude avec notre tableau tant par le gestuel que par l’expression

Le dessin ( inv 31038) la jambe d’un enfant très similaire à notre peinture.
Une esquisse de tête de femme légèrement penchée évoque la forme de de notre sainte empreinte de sérénité (inv 31135) et (inv 31086)

Notre tableau appartenait à la très prestigieuse collection de la famille d’Albert de Luynes transmisse par descendance jusqu’à nos jours et célèbre pour son château de Dampierre qui garda intact sa collection à travers les siècles, la population de la région protégea le château des pillages et des dispersions de la révolution. On pouvez y admirer des œuvres d’artistes anciens et contemporains aussi prodigieux que Le Titen, rubens, nicolas Poussin, Philippe de Champaigne, Sébastien Bourdon et beaucoup d’autres parmi des meubles et objets magnifiques dont certains sont aujourd’hui au Louvre dans le salon de Luynes

Notre tableau vierge à l’enfant est mentionné dans les archives de la famille de luynes :

- Inventaire après décès de Marie de Rohan-Montbazon, duchesse de Chevreuse, duchesse de Luynes (Archives nationales, Minutier central : XLIV, 87, 7 décembre 1684).

- l’inventaire après décès de la duchesse mentionne en 1684 dans la chambre blanche

« Premièrement deux tableaux, l’un étant au-dessus de la cheminée représentant Notre seigneur au jardin des Oliviers l’autre au-dessus d’un petit cabinet de l’autre cote de la chambre vis-a-vis de celui qui est dessus la cheminée représentant la Vierge et le petit Jésus tous deux garnis de leur bordure de bois dore » .

- Inventaire après décès de Charles Honore d’Albert (Archives nationales, Minutier central : VIII, 896, 8 novembre 1712).

- Une Vierge à l’enfant est à nouveau portée sur l’inventaire après décès du duc en 1712, « tableau plus grand aussi peint sur toile représentant la Vierge avec l’Enfant Jésus dans sa bordure de bois dore sculpte» .

Informations supplémentaires

  • N° de Stand: 36 & 37
  • Galerie: Galerie William Diximus
  • Siècle: 17ème Siècle
  • Époque/Style: Louis XIV
  • Dimensions: Dimensions avec cadre : Longueur: 123cm Largeur : 156cm Dimensions sans cadre : Longueur : 129cm Largeur : 96cm
  • Matériaux: huile sur toile
  • Provenance: France
  • Prix: 58000€
Galerie William Diximus

Galeries 36 & 37 - Allée 1
William Diximus
+33 (0)6 26 70 73 13

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